Mercredi 2 mai 2012
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12:00
A Cassandre
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
Publié dans : Mercredi poésie
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Mercredi 22 février 2012
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13:23
Pour cette nouvelle semaine, je vous propose encore un poème qui me tient à coeur : "Demain dès l'aube" de Victor Hugo.
Pourquoi ce poème? Parce que je l'aime beaucoup (et c'est aussi le premier poème que j'ai réussi à apprendre par coeur pour les cours et que, des années plus tard, je connais encore)
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Publié dans : Mercredi poésie
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Mercredi 15 février 2012
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21:32
Premier rendez-vous poésie que je tenterai de vous proposer tous les mercredis. Dans ce rendez-vous, je vous proposerai
un poéme qui me tient à coeur ou que je trouve beau tout simplement. Parce que je trouve que la poésie, c'est beau et que tout le monde devrait pouvoir en profiter. D'ailleurs, si certains
d'entre vous veulent participer également, je vous propose de mettre le lien de votre article en commentaire, je l'ajouterai ici.
Pour cette première semaine, je vous propose un poème que j'ai découvert en cours de français il y a quelques années et
que j'aime vraiment beaucoup, sans trop savoir pourquoi. Ce poème, c'est "Le temps de vivre" de Boris Vian, écrit en 1954. Et comme je ne suis pas professeure de français, je ne vais pas vous
faire un commentaire composé sur ce poème qui, selon moi, se suffit à lui-même. Découvrez et appréciez (ou non, c'est comme vous voulez).
Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie
Il respirait l’odeur des arbres
Avec son corps comme une forge
La lumière l’accompagnait
Et lui faisait danser son ombre
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il sautait a travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil
Les canons d’acier bleu crachaient
Des courtes flammes de feu sec
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l’eau
Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il s’est relevé pour sauter
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L’a foudroyé sur l’autre rive
Le sang et l’eau se sont mêlés
Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil
Le temps de rire aux assassins
Le temps d’atteindre l’autre rive
Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre
Publié dans : Mercredi poésie
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